Filière lait en Meuse : mobilisée… et pleine de projets !

Avec une structure de collecte unique, des producteurs laitiers de qualité et une chaîne de transformation particulièrement fournie, le territoire meusien conjugue bien des atouts. Les enjeux de chaque acteur de la filière lait sont nombreux et augurent encore bien des évolutions…

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L’an dernier, ce sont 380 millions de litres de lait que l’Union Laitière de la Meuse (ULM) a collecté, auprès de 580 producteurs, dont 508 en Meuse.
« Nous sommes à un plateau et la production ne va pas être démultipliée », reconnaît Joffrey Leclerc, secrétaire du bureau de la coopérative et lui-même producteur laitier. D’autant que l’ULM s’est engagée dans une stratégie de qualité, afin de chercher la valeur ajoutée partout et mieux rémunérer : « Nous sommes depuis le 1er janvier 2021 sur une collecte 100 % VLog (100 % sans OGM). Nous collectons ensuite des laits de qualité pour AOP, notamment pour le Brie de Meaux, et travaillons à de nouveaux laits, bas carbone ou pâturage par exemple. »

L’ULM (coopérative de taille intermédiaire), transforme aussi directement un tiers de la collecte annuelle dans son propre outil de production, sur lequel la structure cherche à capitaliser, en redéfinissant ses capacités. Le marché de la protéine laitière, beurre-crème, intéresse particulièrement la coopérative, qui noue par ailleurs des partenariats avec des écoles, telles que Ensaia à l’université de Lorraine, pour pousser la R&D sur le sujet.

Les grands (tous) présents

L’amont alimente les industries aval, notamment les fromageries : le département meusien en compte un nombre important, dont certaines sont des acteurs majeurs.

C’est le cas de Schreiber Foods, à Cléry-le-Petit, qui a investi 80 M€ dans son usine en 2019, pour sa nouvelle chaine de yahourts. « Notre activité se porte bien, indique Stéphane Ringard le directeur du site. Nous avons produit 46 000 tonnes de produits frais (le site est dimensionné pour produire jusqu’à 80 000 tonnes, ndlr) l’an dernier, pour notre client Système U. L’activité est en croissance, avec du lait de qualité (label Bleu blanc cœur) collecté à 100 km à la ronde. » Et du côté de la fromagerie (ex-Bel) également sur le site ? « L’activité reste importante : nous avons produit 9 000 tonnes de fromage pâte pressée ici, essentiellement pour l’export de proximité. Et à Bar le Duc, nous affinons environ 400 tonnes de Mimolette vieille. » Le géant agroalimentaire, qui emploie 340 salariés à Cléry, accueillera un nouveau client pour son activité yahourt dès septembre, « sur du food service et pour une capacité de 6 000 tonnes par an », précise Stéphane Ringard.

Autre géant, La Compagnie Fromages et Richesmonts (groupe Savencia), installée à Vigneulles lès Hattonchâtel, produit du Brie pasteurisé : « Nous avons produit 18 000 tonnes l’an dernier, en léger recul du fait des difficultés liées aux COVID » indique la directrice du site, Sylvie Schneider. 230 salariés sont employés, et la production est à 70 % destinée à l’export.
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D’autres grands groupes laitiers, comme Lactalis (fromagerie Raival), Hochland (fromagerie Hutin) ou encore SODIAAL, sont aussi présents en Meuse. SODIAAL contrôle par exemple la fromagerie Renard-Gillard (87 salariés), à Biencourt-sur-Orge, exclusivement dédiée au Brie de Meaux. « Nous alimentons celle-ci avec 23 millions de litres de lait cru venus surtout de nos producteurs basés en Haute-Marne (mais en zone AOP), détaille Jean-Charles Mallard, Directeur du Bassin Nord-Est de SODIAAL UNION. Nous sommes la seule coopérative de l’AOP Brie de Meaux à être présente sur tous les maillons de la chaîne (production-transformation-commercialisation), ce qui permet une meilleure maîtrise et répartition de la valeur » revendique le responsable.
Maison historique fabricant le Brie de Meaux, Renard-Gillard a été racheté par SODIAAL en 2013. Avec une stratégie de synergie entre unités de production, notamment. « Notre unité meusienne a une chaîne assez automatisée, mais cela reste artisanal. Ici, nous ne fabriquons que du Brie de Meaux et des fromages fourrés à base de Brie. Notre ligne de fourrage assemble aussi des fromages venus de notre autre site, à Courtenay dans le Loiret, explique le directeur, Romuald Auriemma. L’année 2020 a été morose, avec une pandémie de COVID qui a pesé. Mais nous allons reprendre les investissements dès 2022 (300 à 600 K€ annuels investis, ndlr), notamment sur nos gammes de fromages fourrés aromatisés, particulièrement dynamiques. » La fromagerie produit 2800 t/an de Brie de Meaux et l’export pèse 20 % des ventes. Les produits, essentiellement en marque propre, se retrouvent en France au rayon coupe de la GMS, et dans les crémeries.

  • Fromagerie Renard-Gillard

    Fromagerie Renard-Gillard

  • Fromagerie Renard-Gillard

    Fromagerie Renard-Gillard

  • Fromagerie Renard-Gillard

    Fromagerie Renard-Gillard

  • Fromagerie Renard-Gillard

    Fromagerie Renard-Gillard

  • Fromagerie Renard-Gillard

    Fromagerie Renard-Gillard


    Des artisans aussi


    Chez Dongé, dernière fromagerie artisanale contrôlée par une famille locale (depuis 1922) et basée à Triconville, 400 000 pièces de Brie de Meaux sortent chaque année. « Tous les moulages et le conditionnement se font à la main » revendique Luc Dongé, co-gérant avec son frère. « La période de crise liée au COVID nous a bousculé, mais cela nous a aussi permis de réfléchir à la suite ». Après avoir lancé le Petit Dongé, de nouveaux produits à base de Brie, en plus des variétés existantes, sont en réflexion.

    Le responsable se fournit en lait cru (10 millions de litre/an) exclusivement via l’ULM, « après avoir pendant longtemps acheté en direct des fermes ». Après avoir investi 10 M€ dans son unité de production en 2017, Dongé dispose de l’équipement nécessaire pour voir loin.


    En mouvement permanent, la filière lait reste un atout majeur pour le territoire meusien, renforcé par la volonté de valeur ajoutée et de qualité exprimés par les acteurs.

     

    Le chiffre : 380 millions de litres de lait ont été collectés en 2020 par l’Union laitière de de la Meuse (ULM)

     

    Lait Bio, vrai créneau  
    Jean-Charles Mallard, Directeur du Bassin Nord-Est de SODIAAL UNION, évoque « les réflexions toujours en cours autour du lait Bio et ses potentialités, malgré un cahier des charges complexe pour les producteurs ». L’ULM ne dit pas autre chose : « Nos producteurs ont livré 6 millions de litres en bio l’an dernier, mais la demande est 2 à 3 fois supérieur, rien qu’au niveau local » constate Joffrey Leclerc. « Nous avons la chance d'avoir une diversité importante de système d’exploitation en Meuse permettant au système extensif de basculer assez facilement vers ce type de lait. » Le service développement de l’ULM accompagne techniquement et normativement ceux décidés à sauter le pas.  

     

     

    Publié le 29 avril 2021 - Aurélien Tardiveau

    Département de la Meuse Fond national d'aménagement et de développement du territoire Fond européen de développement régional GIP OBJECTIF MEUSE Pacte Lorraine GRAND-EST - ALSACE - CHAMPAGNE-ARDENNE - LORRAINE